top of page
  • Instagram

Montréal, jusqu'au bout du rêve (1992-93)

Photo du rédacteur: David B.
David B.
3 août
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 août

A l’été 1992, l’entraineur Jacques Demers reprend les rênes de l’équipe des Canadiens de Montréal alors que la franchise restait sur trois défaites consécutives en Finale de division face aux Bruins de Boston.



La détermination de Jacques Demers


Montréal n’est pas seulement auréolé de l’arrivée d’un nouvel entraineur, mais a également renforcé son attaque avec les arrivées de Brian Bellows et de Vincent Damphousse. Deux arrivées qui auront un impact certain, puisque Damphousse finira meilleur pointeur de l’équipe et Brian Bellows meilleur buteur à l’issue de la saison régulière.


Dès son 1er entrainement, Jacques Demers joue carte sur table avec sa nouvelle équipe : l’objectif est de surprendre le monde du hockey et de remporter la Coupe Stanley. Les joueurs sont interloqués, la franchise n’étant pas du tout favorite aux grands honneurs du printemps. Mais Jacques est confiant et déterminé.


Le début de saison sera compliqué pour Montréal qui affiche une seule petite victoire après les cinq premiers matchs. L’entraineur convoque alors un entrainement très matinal pour envoyer un message clair à ses joueurs. Après une défaite au match suivant face aux Penguins de Pittsburgh, l’équipe enchaîne alors 12 matchs sans défaite.


Au début de l’année 1993, s’il y a bien un joueur qui divise pour ses performances, c’est le gardien Patrick Roy. Choisi comme ambassadeur par la marque de cartes à collectionner « Upper Deck », la société fait une campagne publicitaire en utilisant le slogan « Trade Roy », un jeu de mots qui sera interprété au 1er degré par beaucoup de supporters. Un sondage sera même fait auprès des fans, dont une majorité souhaiterait réellement que Patrick Roy soit échangé. Si même le Directeur général Serge Savard laisse entendre qu’il écouterait les offres potentielles, il n’en va pas de même pour Jacques Demers qui lui réitère toute sa confiance. Et l’avenir lui donnera raison.


A la mi-mars 1993, l’entraineur de Montréal fait un malaise et rate deux matchs de son équipe. A son retour, il retrouve une équipe sans fougue et sans passion qui ne gagnera que 6 de ses 14 derniers matchs. Une grosse baisse de régime tandis que la saison s’achève et que Montréal se rend en séries en ne faisant pas du tout parti des favoris. Mais Jacques Demers est toujours déterminé…



Tout donner, et ne rien regretter


Avant le début des séries éliminatoires, Jacques Demers décide de renforcer la cohésion de son équipe, afin de préparer au mieux les Canadiens à ce prochain défi qui se dresse face à eux. Ainsi, il prend la décision que l’équipe devra demeurer à l’hôtel même quand


elle joue à domicile et organisera un mini-camp de quelques jours. En expliquant la fierté de porter ce chandail à chaque joueur, il remet à chacun une carte plastifiée avec une phrase de motivation, que tout un chacun devra toujours avoir avec lui, sous peine d’une amende, y compris pour Jacques Demers lui-même.


Au 1er tour des séries éliminatoires, l’entraineur de Montréal retrouve une équipe qu’il connait bien, puisqu’elle l’avait congédié auparavant : les Nordiques de Québec. La série commence mal pour Montréal qui perd ses deux premiers matchs, alors que le gardien Ron Hextall domine son duel à distance face à Patrick Roy. Lors d’un match 3 alors crucial, Vincent Damphousse libère les siens en prolongation pour donner un peu d’air à Montréal. Après avoir nivelé la série au match 4, Patrick Roy est blessé par un palet lors du match 5 et doit laisser sa place. Une absence de courte durée, puisqu’il reviendra en prolongations et fera même un arrêt décisif, permettant à son équipe de sortir vainqueur de ce duel. A ce moment-là, l’ascendant psychologique a clairement changé de camp, et Patrick Roy reprend le dessus dans son duel à distance face à Ron Hextall. Lors du match 6, joué au Forum de Montréal, les Canadiens l’emportent 6-2 dans une ambiance survoltée, grâce notamment aux 3 buts de Paul DiPietro.


Au tour suivant, les Canadiens retrouvent les Sabres de Buffalo sur leur route. Une série où Montréal va balayer Buffalo en 4 matchs, avec à chaque fois le même score : 4-3. Une série où un seul match (le premier) n’a pas dû se rendre en prolongations. Guy Carbonneau, Gilbert Dionne puis Kirk Muller ont tour à tour sauvé les Canadiens en les délivrant par le but en or.


Le Tricolore avance vers la Finale de Conférence, tandis que se dresse face à eux les Islanders de New York. Une série qui démarre fort pour la franchise canadienne, qui remporte les 3 premiers matchs portant ainsi leur marque à 11 victoires consécutives durant ces séries éliminatoires. Le match 3, remporté 2-1, représente quant à lui leur 7ème victoire en prolongations durant cette post-saison. Si les Islanders se donnent un peu de répit en remportant le match 4, Montréal marquera 5 buts en 35 minutes dans le match numéro 5 alors qu’ils étaient menés 2-0 et se qualifiera ainsi pour la Finale de la Coupe Stanley, au profit d’une victoire 5-2.



Une franchise légendaire face à un joueur légendaire


Cette finale 1993 de la Coupe Stanley opposera le Tricolore aux Kings de Los Angeles de la légende Wayne Gretzky. Le 1er match à domicile se solde par une défaite (4-1) pour Montréal, alors les Canadiens décident de jouer différemment et de mettre beaucoup plus de pression sur Gretzky. Une technique gagnante, puisque la merveille ne totalisera aucun point lors du 2ème match alors que Montréal s’impose 3-2, encore une fois après prolongations. Cette fois-ci, c’est le défenseur Éric Desjardins qui libère Montréal, alors qu’il est l’auteur d’un triplé dans ce match.


Les Canadiens ne dérogent pas à leurs habitudes et s’imposent à nouveau en prolongations lors des deux matchs suivants, à chaque fois grâce à un but gagnant de John LeClair.


Lors du match 4, Patrick Roy réalise une fabuleuse performance alors qu’il arrête 40 tirs. Un moment restera à jamais gravé dans les mémoires durant ce match : le gardien de Montréal faisant un clin d’œil à Tomas Sandtröm alors qu’il vient d’arrêter un tir face à l’attaquant suédois. Une preuve qu’à cet instant Patrick Roy est en totale confiance et que rien ne semble pouvoir lui arriver.


Le match 5 se joue alors au Forum de Montréal, dans une ambiance totalement folle, la franchise canadienne pouvant devenir championne en cas de victoire. Une occasion que Montréal ne laissera pas passer, alors que le Tricolore s’impose 4-1 et peut laisser exploser sa joie. Le Trophée Conn Smythe est remis à Patrick Roy, tout un symbole quand on sait les passages compliqués qu’il a connus durant cette saison.


Jacques Demers n’a jamais cessé de croire en son équipe et sa confiance en elle a été récompensée.


Le 11 juin 1993, les Canadiens défilent dans les rues de Montréal pour la parade des champions, exactement une année après l’embauche de leur entraineur.


Un titre qui a forcément une saveur toute particulière, notamment car Montréal n’était pas favori et que l’équipe a souvent dû se battre en prolongations pour arracher la décision en sa faveur.



© David Bounichou – DB Ice Hoops. Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation préalable.

bottom of page